Augmentation de salaire 12 novembre 2025 8 min de lecture

Lettre de demande d’augmentation : le montant à demander, puis le modèle

En résumé

  • Un salaire inchangé depuis 2021 a perdu 12,0 % de pouvoir d’achat : il faut +13,6 % pour simplement revenir au même niveau de vie (indice des prix France, Banque mondiale, relevé le 20/09/2026).
  • Ce chiffre est votre meilleur argument, parce qu’il ne se discute pas : il ne parle pas de vous, il parle des prix.
  • Une lettre efficace tient en une page, annonce un montant précis et demande un rendez-vous.

Le problème d’une demande d’augmentation n’est presque jamais la lettre. C’est le chiffre que vous allez y mettre, et la façon de le justifier sans avoir l’air de quémander. Cet article vous donne d’abord le montant, ensuite l’argument, et seulement après le modèle.

Combien demander ?

La question qui bloque tout le monde. Une remarque revient souvent dans les discussions entre salariés : au bout de quelques années, on finit par se demander à partir de quand on arrête « de se faire enfler ». Derrière la formule, il y a un vrai calcul que personne ne fait.

Votre salaire ne perd pas de valeur parce que votre employeur est malveillant. Il en perd parce que les prix montent. Si votre rémunération n’a pas bougé depuis plusieurs années, vous ne demandez pas une faveur en réclamant un rattrapage : vous demandez à revenir là où vous étiez.

Salaire inchangé depuis Pouvoir d’achat perdu Hausse nécessaire pour revenir à zéro
2016 17,2 % +20,7 %
2018 14,8 % +17,3 %
2019 13,8 % +16,0 %
2021 12,0 % +13,6 %
2022 7,4 % +8,0 %
2023 2,9 % +3,0 %
2024 0,9 % +0,9 %
Source : Banque mondiale, indice des prix à la consommation France (indicateur FP.CPI.TOTL, base 100 en 2010), relevé le 20/09/2026. Dernière année complète disponible : 2025 (indice 127,7). Le calcul compare l’indice de l’année de votre dernière augmentation à celui de 2025. Il mesure uniquement le maintien du pouvoir d’achat, hors évolution de vos responsabilités. Prochain relevé : à la publication de l’indice 2026.

Calculez ce que votre salaire a perdu

Indiquez votre salaire actuel et l’année de votre dernière augmentation. L’outil calcule la perte, le montant de rattrapage, et rédige la lettre avec les chiffres dedans.





Le montant obtenu est un plancher, pas un objectif. Il ne rémunère ni vos responsabilités nouvelles, ni vos résultats. Ajoutez-les par-dessus.

Comment justifier votre demande ?

Une demande tient sur trois arguments, et un seul ne suffit jamais.

Le rattrapage. C’est le socle, et c’est le plus solide, parce qu’il est vérifiable et qu’il ne vous met pas en cause. Personne ne peut soutenir que les prix n’ont pas augmenté.

L’élargissement du poste. C’est l’argument le plus fréquemment négligé, alors que c’est le plus fort. Listez ce que vous faites aujourd’hui et que vous ne faisiez pas à votre embauche : un périmètre nouveau, une équipe encadrée, un outil dont vous êtes devenu le référent, un client repris. Un poste qui grandit sans que le salaire bouge est une anomalie, et c’est en ces termes qu’il faut le poser.

Le marché. Comparez avec les offres ouvertes pour un intitulé équivalent. Si l’entreprise recrute aujourd’hui votre poste plus cher qu’elle ne vous paie, l’argument est imparable. Notre guide sur la négociation après une proposition d’embauche détaille les fourchettes relevées par métier.

Ce qui, à l’inverse, affaiblit une demande : évoquer ses charges personnelles, se comparer nommément à un collègue, ou menacer de partir sans intention de le faire.

La lettre, prête à adapter

Une page, pas plus. Un chiffre, pas une fourchette. Une demande de rendez-vous à la fin.

Modèle 1 : rattrapage du pouvoir d’achat

Objet : demande de revalorisation salariale

Madame, Monsieur,

Je souhaite vous soumettre une demande de revalorisation de ma rémunération, inchangée depuis [année].

Entre [année] et 2025, l’indice des prix à la consommation en France est passé de [indice] à 127,7 (base 100 en 2010, source Banque mondiale). À salaire constant, cela représente une perte de pouvoir d’achat de [X] %. Un maintien à niveau équivaudrait à [montant] € bruts mensuels.

Cette demande ne tient pas compte de [responsabilités nouvelles], que je serais heureux de détailler lors d’un échange.

Je reste à votre disposition pour en discuter.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
[Prénom Nom]

Modèle 2 : le poste a grandi

Objet : demande d’entretien sur ma rémunération

Madame, Monsieur,

Depuis mon arrivée en [année], mon périmètre s’est élargi : [encadrement de X personnes, reprise du portefeuille Y, référent sur l’outil Z]. Ma rémunération, elle, est restée à son niveau initial.

Je souhaite que nous puissions la faire évoluer vers [montant] € bruts mensuels, ce qui correspond au contenu réel du poste tel qu’il est aujourd’hui.

Seriez-vous disponible [créneau] pour en échanger ?

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
[Prénom Nom]

Pour un envoi par messagerie plutôt que par courrier, voyez nos bonnes pratiques de demande par email.

Quand l’envoyer ?

Le moment compte autant que le contenu. Trois fenêtres favorables.

  • Avant la construction budgétaire, pas après. Une fois les enveloppes arbitrées, votre manager n’a plus la main, quelle que soit sa bonne volonté. Renseignez-vous sur le calendrier interne.
  • Après une réussite identifiable : un projet livré, un client signé, un audit passé. Le lien se fait tout seul.
  • À l’entretien annuel, en ayant envoyé la demande écrite avant. Arriver avec le sujet déjà posé évite l’improvisation et laisse à votre manager le temps de préparer sa réponse.

À éviter : la période de clôture comptable, les semaines qui suivent un plan d’économies, et le lendemain d’un mauvais trimestre.

Si votre employeur dit non

Un refus n’est pas une fin de discussion, sauf si vous le traitez comme telle. Aucun texte n’oblige un employeur à répondre favorablement, ni même à motiver son refus, hors obligations conventionnelles particulières.

Ce que vous pouvez obtenir à la place, et qui a une vraie valeur :

  1. Des critères écrits. « Qu’est-ce qui, concrètement, déclencherait une revalorisation ? » Une réponse précise vous donne une feuille de route. Une réponse floue vous renseigne sur vos perspectives.
  2. Une échéance. Un point formel à six mois vaut mieux qu’un « on verra l’an prochain ».
  3. Autre chose que du fixe. Prime exceptionnelle, jours de congés, télétravail, budget formation, ces lignes relèvent souvent d’un autre arbitrage que la masse salariale.

Si le refus est catégorique et répété alors que votre poste s’est élargi, la question n’est plus salariale : elle porte sur la suite de votre parcours dans cette entreprise.

Ce que nous ne pouvons pas vous dire

  • Le pourcentage d’augmentation « normal » dans votre entreprise. Les enveloppes varient selon la taille, le secteur et l’année. Aucune moyenne nationale ne vous dira ce qui est possible chez vous.
  • L’indice des prix 2026. La dernière année complète publiée est 2025. Nos calculs s’arrêtent donc à cette borne, et sous-estiment probablement votre perte réelle.
  • Si votre demande aboutira. Elle dépend de votre manager, du budget et du moment, trois variables que la meilleure lettre ne contrôle pas.

Questions fréquentes

Faut-il envoyer une lettre ou en parler de vive voix ?

Les deux, dans cet ordre. L’écrit pose le montant et les arguments sans risque d’improvisation, et laisse une trace datée. L’oral permet ensuite d’explorer les contreparties possibles. Une demande uniquement orale se dilue : votre manager devra la reformuler lui-même auprès de sa hiérarchie, avec vos arguments de seconde main.

À qui adresser la lettre : mon manager ou les ressources humaines ?

À votre manager direct, avec les ressources humaines en copie si l’usage de l’entreprise le veut. C’est votre manager qui porte la demande dans les arbitrages budgétaires. Court-circuiter cette étape place les RH dans une position inconfortable et vous fait perdre votre meilleur relais.

Quel pourcentage demander sans paraître déraisonnable ?

Partez du rattrapage de pouvoir d’achat, qui est chiffrable et vérifiable, puis ajoutez ce que justifie l’élargissement de votre poste. Une demande de 13 % paraît élevée dans l’absolu mais devient difficile à contester si elle correspond exactement à l’inflation depuis votre dernière augmentation.

Mon employeur est-il obligé de répondre à ma demande ?

Aucune disposition générale ne l’oblige à accorder une augmentation, ni à motiver un refus, en dehors des obligations prévues par certaines conventions collectives ou accords d’entreprise. En pratique, une demande écrite obtient presque toujours une réponse, ne serait-ce que pour clore le sujet. L’absence totale de réponse est en soi une information.

Peut-on redemander après un refus ?

Oui, mais pas immédiatement. Comptez six mois, et revenez avec un élément nouveau : un résultat, une responsabilité supplémentaire, ou l’atteinte des critères évoqués lors du refus. Redemander la même chose trois mois plus tard, sans élément nouveau, affaiblit la demande suivante.

Sources et méthode

  • Banque mondiale, indice des prix à la consommation France, indicateur FP.CPI.TOTL (base 100 en 2010), relevé le 20/09/2026. Dernière année complète : 2025, indice 127,7. Consulter la série.
  • service-public.gouv.fr, fiche F2300 « SMIC », consultée le 20/09/2026 : 1 867,02 € bruts mensuels pour 35 heures, arrêté du 22 mai 2026. Une revalorisation ne peut en aucun cas aboutir à un montant inférieur.
  • Les situations traitées proviennent de discussions publiques entre salariés, relevées le 20/09/2026, afin de partir des blocages réellement rencontrés.

Les calculs de pouvoir d’achat reposent sur l’indice national des prix à la consommation, qui reflète un panier moyen : votre situation personnelle peut s’en écarter. Notre méthode est détaillée dans notre charte éditoriale.

La rédaction

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